Les crises internes qui traversent certains partis politiques camerounais, notamment l’UPC, le PCRN et le MRC, ont progressivement placé l’administration au cœur de conflits relevant, en principe, de la vie propre des partis politiques. Si la fonction constitutionnelle de ces derniers justifie un encadrement de leurs activités par la puissance publique, elle ne saurait, à elle seule, conférer à l’autorité de tutelle un pouvoir général de direction ou d’arbitrage de leurs différends. La présente chronique interroge ainsi les limites de l’action administrative, à la charnière entre contrôle de conformité, police de l’ordre public et règlement des différends internes. L’analyse démontre que si l’administration dispose de compétences d’attribution pouvant affecter la vie interne des partis politiques lors des mutations statutaires ou organiques, la nécessité pratique d’identifier un interlocuteur institutionnel ou de prévenir un péril ne saurait se muer en un pouvoir d’investiture des dirigeants. À travers l’examen de la jurisprudence récente et l’éclairage du droit comparé, cette étude met en exergue le rôle déterminant du juge de l’excès de pouvoir pour tracer la frontière de la légalité. L’enjeu fondamental demeure la préservation d’un équilibre rigoureux entre l’effectivité de la régulation étatique et le respect de l’autonomie associative, socle indispensable du pluralisme démocratique.
Mots-clés : Partis politiques – Contrôle administratif – Autonomie associative – Police administrative – Juge administratif




